La Vie dans les plis : l’utérus marial dans quelques sermons catholiques français du XVIIe siècle
Abstract
Gothic stainglasses are sometimes described as symbols of the Virgin’s hymen: they transform sunrays’ appearance without diminishing their light. For obvious reasons of bienséance, Mary’s birthing is not represented as such in early modern sermons. However, the locus generationis of a body which is “begotten, not made” keeps being questioned well beyond the Middle Ages. Therefore, Mary’s uterus is evoked by a vast and complex metaphorical network: combining images of jail, blood, and sanctuary, preachers try to convey the idea of a figurative space, which symbolizes Incarnation, and announces Jesus’s tomb and his liberation. Flipping the images of the humiliating prison and painful narrowness, they make Mary’s uterus a paradoxical space, an hortus conclusus whose very darkness is a promise of light. Les vitraux gothiques sont parfois décrits comme des symboles de l’hymen marial : ils transforment l’apparence des rayons du soleil sans diminuer leur lumière. Pour d’évidentes raisons de bienséance, la mise au monde par Marie n’est pas représentée comme telle dans les sermons de la première modernité. Cependant, le locus generationis d’un corps qui est « engendré, non pas créé » se trouve questionné bien au-delà du Moyen-Âge. C’est pourquoi l’utérus de Marie est évoqué par un réseau métaphorique aussi vaste que complexe : combinant les images de la prison, du sang et du sanctuaire, les prédicateurs tentent de traduire l’idée d’un espace figural qui symbolise l’Incarnation, et annonce la tombe du Christ ainsi que sa libération. Inversant les images de l’humiliante prison et de l’étroitesse douloureuse, ils font de l’utérus marial un espace paradoxal, un hortus conclusus dont l’obscurité même est promesse de lumière.
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