Le pouvoir du végétal. Sexe et corail dans l’illustration anatomique moderne
Streszczenie
In medieval tradition, the uterus was represented as an empty vessel meant to be filled by the phallus or the embryo. In the mid-16th century, however, Andreas Vesalius renewed scientific illustration by presenting naturalistic internal views of the female reproductive system. Yet some of the visual motifs used by engravers to give form to the ‘matrix’ were not based on direct observation. This article traces the history of botanical motifs taken from art history and reinterpreted in early modern anatomical treatises between the 16th and 18th centuries. An analysis of the plants, flowers, and corals integrated in a scientific context reveals that the underlying discourse of these images is less about the biological inferiority of the feminine compared to the masculine, and more about the shared power of life between humans and non-humans. Dans la tradition médiévale, l’utérus était représenté comme un contenant vide fait pour être rempli par le phallus ou l’embryon. Puis, dès le milieu du XVIe siècle, André Vésale renouvelle l’illustration scientifique en présentant des vues internes naturalistes de l’appareil génital féminin. Or, certains motifs utilisés par les graveurs pour donner corps à la « matrice » ne relèvent pas de l’observation. Cet article retrace l’histoire de motifs végétaux empruntés à l’histoire de l’art et actualisés dans les premiers traités d’anatomie moderne entre le XVIe et le XVIIIe siècles. L’analyse des plantes, fleurs et coraux actualisés dans le contexte scientifique montre que le discours sous-jacent à ces images relève moins d’une idée d’infériorité biologique du féminin sur le masculin mais au contraire du pouvoir de la vie qu’ont en commun les humains et les non-humains.
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